Derrière ce titre pompeux, je vous propose de découvrir le magnifique travail de Picturae 2.0.
Concrètement, il s’agit d’un outil numérique, permettant de revisiter le graffiti (la peinture, le dessin ou toute forme d’art graphique d’ailleurs) à travers un écran.
Un écran vidéo remplace le mur et la bombe de peinture devient virtuelle.
Une vidéo vaut mieux que de grandes explications :
Picturae 2.0 from Picturae 2.0 on Vimeo.
Cet outil est sans aucun doute voué à un avenir prometteur, mais j’aimerai pousser la réflexion à un autre niveau : assiste-t-on à une dénaturalisation des arts de rue ?
Les arts urbains peuvent-ils garder cette appellation avec ce genre de pratique, étant donné qu’il ne le sont plus (urbains, vous suivez ?) mais qu’ils conservent tout de même les codes graphiques de cette culture ?
Je pense par exemple à cette application dont on vous avait parlé il y a quelques mois qui proposait de créer des tags et graffitis en réalité augmentée. En gros, vous faîtes un graff « virtuel » avec votre téléphone et vous décidez de l’endroit où vous l’exposerez virtuellement via une géolocalisation, et ce graffiti sera visible uniquement à travers l’application de votre smartphone. L’art semble rester le même, mais cela change le contexte : pas accessible à tous car réservé aux personnes ayant un téléphone spécifique (et qui ont de surcroît une appli spécifique pour le voir !), cela perd aussi son côté revendicatif (si revendication il y a dans le graffiti aujourd’hui), et surtout cela perd en sérendipité : cet art est fait pour être découvert de manière inattendu, là où on ne l’imaginait pas. Bref, j’ai l’impression que l’on assiste à la dénaturalisation des arts urbains par les nouvelles technologies.
D’où cette question finale : si demain vous voyez un graffiti fait à partir d’un écran digital, ca reste de la street culture (et du graff) pour vous ou c’est autre chose ?
(Mon avis personnel : Je pousse volontairement ce débat pour susciter des réactions, je suis pour l’évolution des arts et l’enrichissement de toute forme de culture par des éléments empiriques, et je pense au contraire que la technologie devient un élément de la rue sur plusieurs aspects.)
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Deep thought! Thanks for cntoribtunig.
Le graffiti reste du graffiti, faire du graphisme virtuel aux allures de graffiti ce n’est plus du graffiti. Ca n’en pas moins un outil très intéressant et une innovation. Il ne faut pas freiner l’innovation, mais il ne faut pas faire n’importe quoi non plus, l’art pour moi est dans la démarche plus que dans le rendu visuel final de l’oeuvre. Pour une même oeuvre d’art, ce qui donne du crédit et de la valeur c’est la démarche qui a menée, poussée l’artiste à créer, peindre dans le cas du graffiti, son oeuvre. Un même graff sur un mur perdu, n’a pas le même sens qu’un graff au bord d’une autoroute fréquenté, je pense que les même règles s’appliquent au « graffiti » virtuel, un « graff virtuel » fait par l’artiste qui développe un logiciel et un concept n’a pas la même valeur qu’un « graff virtuel » fait par une personne qui a simplement téléchargé une appli.
L’article pose vraiment la question du vocabulaire, nommons les choses par leur vrai nom, et dans ce cas, on a pas encore de nom, mais on sait déjà que ce n’est pas du graffiti.
En tout cas, je reste pressé d’en voir ce que ce genre d’outil peut donner dans les mains de virtuoses du graffiti.
Je suit l’ avis de ‘Safia’ et de ‘Edouard’.
Pour résumer, personnellement, je pence que le Graffiti et le Street Art en générale est une culture libre, sans limites, qui évolue constamment aux fils des années; et les nouvelles technologies influencent cet évolution.
Peut importe qu’il soit de peinture ou de pixels, à partir du moment ou la personne ( pour ne pas dire l’artiste) ne renie pas l’histoire et les vrais valeurs du Graffiti, tout en produisant un travaille de qualité.
Après il faut voir si sa ne sera qu’ un phénomène de mode ou une révolution pour le monde du Street Art…(?)
Article intéressant, la question est en effet légitime
A mon sens, ce qui est sympa dans le street art, c’est la notion de performance, de happening, en considérant l’action même de faire une oeuvre en tant que art, que spectacle. C’est un acte qui peut être spontané et très impulsif et qui rejoint donc forcément le happening.
Je trouve qu’un tagueur ou graffeur à l’oeuvre, c’est déjà une performance live en soi. Et évidemment, que le processus devienne digital, ça ne change pas la nature spectaculaire de l’acte, selon moi
Maintenant il est clair que la démarche n’est pas forcément la même, à cause du contexte, du processus ou même de l’accessibilité à l’oeuvre qui sont effectivement variables.
Sinon, pourquoi ne pas imaginer des dispositifs qui pourraient concilier les deux ?
Comme le projet http://www.streetartview.com/ qui n’est pas vraiment une oeuvre artistique mais c’est déjà un début
Les arts numériques et le street art ont beaucoup souffert d’un manque de reconnaissance de la part des milieux artistiques plus académiques, alors serrez-vous les coudes les gars !
Ambiance scandale!
Impressionnant! mais l’art de rue a de beaux jours devant lui.
Sur le cour terme, l’art de rue ne risque rien, j’pense que le prix de ce « matos » doit pas être donné, puis l’esprit de « liberté & d’interdit » n’est pas présent avec cette technologie.